Ils auraient pu créer la surprise ce week-end !
Thibault, Loic, Johane © D. Saulnier, WR Pics
Elus espoirs de la discipline respectivement en 2016, 2018, et 2019, Thibault Flouret-Barbé, Loic Costes et Johane Garicoix gravissent les échelons. La relève de la discipline aurait pu prétendre aux plus hautes marches du podium ce week-end.
Un héritage familial
Après une saison complète en copilote en 2017, Loic Costes a pris les commandes du Fouquet Mazda en 2018 : « Au départ, je devais rouler uniquement à Arzacq. Lors d’un repas, mon père avait lancé le deal qu’en cas de top 10 je ferai le Labourd. Contrairement aux idées reçues, j’avais seulement roulé 15 min en essais sur circuit. Ayant de bonnes sensations, Laurent Fouquet avait recommandé à mon père que je n’en fasse pas plus pour arriver en confiance à Arzacq. Terminant 7e et comme promis, mon père m’a permis d’enchainer au Labourd avec un podium à la clé. » Fort de ses bons résultats, le jeune cantalou a roulé toute la saison et terminé 2e du championnat.
Révélation de la saison passée notamment par sa victoire au Rallye des Cimes, Johane Garicoix, neveu d’Anicet et Koxe, n’avait pas prévu de tels débuts : « Mon père avait roulé deux ou trois rallyes avec la voiture de Koxe. Il rêvait de rouler à nouveau. Cherchant une auto à louer, Xalbador Bouchet lui a recommandé la team BMC. J’ai donc fait le Baretous 2017 en alternant le volant du BMC-M44 avec lui. Puis aux Cimes 2017, mon père ayant des douleurs au dos, je me suis retrouvé au volant pour l’intégralité de l’épreuve. »
Double champion de France en catégorie 2rm (2017-2018), Thibault Flouret-Barbé a lui aussi suivi les traces de son grand-père ayant fait les Rallyes du sud durant 15 ans sur Jeep et buggy, et de son père ayant goûté́ à l’asphalte : « Après des débuts en Karting de 9 à 15 ans, je me suis naturellement tourné vers ma discipline de cœur le rallye tout terrain. Grace à Fabrice, Morgane, Véronique et toute ma famille j’ai pu débuteŕ en tout-terrain sur le Ptit buggy Rivet, une auto que l’on a construite et pensée avec Fabrice pour en sortir le meilleur rapport coût/performance grâce à ses pièces d’origines, un moteur de 160 ch, une boite en H et pas d’autobloquants. Le plus gros de travail a été́ porté sur le châssis et la motricité́ ».
Un Labourd 2020 très attendu
Le pilote du « P’tit buggy » a connu un début prometteur en 4rm au R7VA 2019 : « J’ai eu la chance de pouvoir rouler sur le dernier châssis Rivet avec un moteur BMW (4 cylindres 2.3L 300 cv). L’auto conçue par Fabrice accueille, comme il l’affectionne tant, un moteur à la sonorité particulière. Après seulement 4 kms en essais, ça a été un grand apprentissage ». Posé et réfléchi, Thibault a pris la mesure du « gros » Rivet et a signé de très bons temps le dimanche dont un meilleur temps avec 15 sec d’avance sur le 2e. De bon augure pour la suite : « Je préparais le Labourd 2020 depuis des mois. Ça aurait été une joie de partager ce rallye avec Jon Charriton et de représenter ensemble les couleurs du Groupe Lauak sur les terres basques ».
Incertain pour le Labourd, Loïc préparait néanmoins son retour à la compétition : « Après des débuts avec un moteur bi-rotor linéaire et souple (répondant à l’envie de tester la petite classe pour mon père et adapté à mon apprentissage), nous avons eu l’opportunité de trouver un moteur Porsche 3.6L GT3 RS de 415 ch (identique à J-Ph Dayraut et L. Dronde). Outre le charme de ce moteur rare, ce choix a été guidé par la volonté d’avoir un moteur plus puissant pour les rallyes rapides en fin de championnat (Royan, R7VA, P&V) et de changer du Nissan 3.5L (que mon père a déjà connu par deux fois) ». Ce changement nécessitant un travail sur la boite de vitesse et le châssis, Loic concède que l’auto - confinée chez Fouquet compétition - n’aurait peut-être pas été prête pour le rallye.
Du côté de Johane, à l’issue de quelques locations, un second chapitre s’est ouvert en 2019 avec l’achat de l’auto, la pose d’amortisseurs G3C et un travail sur le pont AV et le différentiel. : « P&V 2018 et le Labourd 2019 m’ont permis de franchir un cap. J’ai compris comment rouler. Aux Cimes, j’ai piloté sereinement. Leader dès le vendredi soir (hors SSV) et à ma grande surprise, je n’étais pas stressé durant le week-end. Le plus difficile aura été les 35 min d’attente au départ de la dernière Madeleine. Un grand stress ». Son oncle et double vainqueur du Labourd 2004 et 2015 l’encourage « Anicet nous conseille sur l’auto, le pilotage et sur la typologie des rallyes. Il nous laisse faire mais nous soutient beaucoup ». Après une belle 2e place pour l’ouverture de la saison à Arzacq, le souletin était prêt : « C’est sûr que dans la continuité, le Labourd aurait été un bon rallye pour une petite auto agile, mais il fallait annuler ».
Tous les trois se focalisent désormais sur la reprise. Quant au Labourd, partie remise en 2021 avec… la même météo que ce week-end !
Les pilotes locaux rongent leur frein !
David, Christian, Franck et Panpi © PixOffroad
Le Labourd 2020 marquait le retour de la spéciale d’Urlua traversant la commune de Souraïde. David Massonde (Phil’s car 2rm), local de l’étape, s’en réjouissait : « Urlua passant à 100 mètres de la maison, je m’étais investi aux côtés de l’organisation pour le retour de cette spéciale mythique ». Franck Etchebaster, ayant parcouru Urlua en buggy LM, partageait cette excitation.
Ce dernier a acheté le Fouquet PRV (ex Indaburu, Harguindeguy et Urrutia). Il s’apprêtait, à 24 ans, à goûter à son premier rallye : « J’avais posé une semaine de congés pour finir l’auto. Panpi Daguerre m’a beaucoup aidé dans ce projet. Nous avons sablé et repeint le châssis, révisé les amortisseurs. Il restait le faisceau électrique et la déco. L’auto est chez Panpi. En raison de l’interdiction des déplacements, je ne peux pas m’y rendre pour y travailler ». Panpi explique qu’il a dû lui aussi mettre son travail en stand-by : « Après avoir réfléchi à mettre une mécanique de moto, j’ai finalement acheté la mécanique des frères Calvo (moteur Honda K20 et boite séquentielle 6 vitesses de chez Sadev). Cela représente un an de travail et un gros investissement. Après des week-ends et des soirées à travailler sur l’auto, on a désormais éteint la lumière de l’atelier jusqu’à nouvel ordre ».
Des pilotes tournés vers l’avenir
L’an passé, l’ASA Côte Basque avait décidé de créer un trophée en hommage au regretté Dominique Esteinou, trophée décerné au pilote 2 roues motrices qui ferait le meilleur temps à Uzkain. Son neveu, Christian, avait à cœur de le remettre en jeu : « Nicolas Larroquet avait gagné le trophée et avait décidé, lors de la remise des prix, de me le céder. Son geste m’avait beaucoup touché et je l’en remercie encore. Cette année, j’aurais souhaité essayer de le remporter moi-même. Tant pis, ce sera pour 2021. L’important est que ce trophée se transmette de nombreuses années ». Beau défi, mais comme le reconnaissent Christian et David : pour être le plus rapide à Uzkain il faudra notamment aller plus vite que Nico Etcheverry, celui qu’ils nomment « le coach ! » et à qui ils doivent beaucoup.
Désormais, chacun est suspendu aux évolutions de la crise sanitaire. Au plus tard le 23 mai, le Gouvernement remettra au Parlement un rapport se prononçant sur les risques sanitaires attachés à la tenue du second tour des élections municipales. Il se tiendrait très ‘probablement’ le dimanche 21 juin, soit le week-end du Barétous !
Si la tenue du rallye est incertaine, elle demeure actuellement le point de mire des quatre pilotes locaux. Panpi s’est même fixé une date butoir : « En cas d’annulation du Barétous et d’Orthez, je ne prendrai pas la licence. Il restera peu de rallyes du sud et cela reviendrait trop cher ». Quant à David, il se projette davantage : « J’ai déjà pris la licence et entrepris une révision chez ‘Jacob Sport’ pour le Labourd. J’envisage donc de me rendre - après le Barétous et Orthez - à Royan et au R7VA qui a très bonne réputation ». Si ce dernier va profiter de la trêve pour installer une commande séquentielle, Franck et Panpi vont finir le remontage et la décoration. Enfin, Christian, doté d’un véhicule de location, envisage un ou deux rallyes dans la saison. Nul doute que les autos seront prêtes et affutées.
Les frères Amestoy préparaient le Labourd 2020 !

Patxi et Peio Amestoy avec leur Phil's car © Amestoy
Peio, Patxi, vous avez fait l’acquisition d’une auto qui a marqué la discipline. Pouvez-vous nous rappeler son histoire ?
L’auto a appartenu initialement à B. Garat. Elle est passée entre les mains de J-M. Lassaga, G. Housset, Arotçarena et M. Galarregui. Par la suite, N. Larroquet a remporté trois de ses six titres de champion de France 2rm. Dernièrement, nous avons racheté l’auto à S. Moleres.
À respectivement 20 et 22 ans, carrossier et mécano, vous vous êtes lancés dans une belle aventure. Pouvez-vous nous parler de votre travail sur l’auto ?
Nous avons en effet choisi de remettre l’auto au goût du jour, et tant qu’à le faire nous l’avons fait de A à Z. Tout en conservant la cellule, nous avons refait le châssis, le train avant et le train arrière. Côté mécanique, nous avons opté pour un moteur de moto Suzuki Hayabusa 1 300 cc, et 4 amortisseurs P2S. Nous avons gardé la carrosserie. Elle est jolie, singulière, et identique à celle du buggy avec lequel notre père a roulé en son temps. Après 3 ans de travail, nous avons pu démarrer à Arzacq. Pour cela, nous remercions notre père Philippe, notre cousin Florent et tous ceux qui nous ont aidés dans cette aventure. Ils se reconnaitront.
Un mot sur Arzacq, l’annulation du Labourd et la suite de la saison ?
Après une dizaine de kms en essais, Peio a pris le départ à Arzacq. Son expérience de copilote lui permettait en effet de mieux appréhender l’environnement de la course. Nous envisageons dans un premier temps de nous partager le volant durant l’épreuve, puis par la suite de rouler un rallye chacun. Malgré un rallye d’Arzacq écourté pour un petit problème de jeunesse de l’auto, nous sommes très contents de son comportement.
Patxi devait débuter au Labourd. Nous avions également prévu de renouer avec le Gers, lui aussi annulé. C’est une déception mais nous exprimons notre solidarité avec les organisateurs. Nous allons maintenant attendre trois mois et participer au Barétous avant peut-être d’aller aux Cimes et à Royan.



