LOUIS DRONDE SERA BIEN PRESENT !
Initialement sur liste d’attente, le « diable rouge » sera bien présent au Labourd 2024 avec des changements sur son auto ! Entretien.
Louis, tu étais en liste d’attente avant que l’organisation décide d’admettre tous les concurrents. Que s’est-il passé ?
Je n’avais pas la licence. Jusqu’à présent on devait l’avoir pour le jour des vérifications. Désormais, il faut anticiper. Je passe ma vie au garage, je ne suis pas dans les papiers. Je prends du boulot à bloc (voitures de courses, vieilles voitures, paysans…). Les papiers passent après... Le principal est que tout le monde ait joué le jeu et que tout le monde soit présent. Je remercie vivement toute l'organisation. Et comme je le rappelle toujours, Céline Dion a dit « les derniers seront les premiers ! ».
En 2023, tu avais gagné Arzacq, le Labourd, et le Baretous. Après une sortie à Orthez, tu étais revenu aux Cimes avec une casse mécanique qui avait mis un terme à ta saison. Qu’as-tu fait depuis ?
Après la sortie à Orthez, la voiture était neuve en septembre. Durant l’intersaison, on a mis une boite de vitesses 3MO. C’est une boite 6 vitesses. Ils ne font pas de 7 vitesses. L’étagement est parfait, les sélections n’ont rien à voir avec avant, c’est un régal à passer les rapports ! C'est énorme ! Ensuite, on a refait la cartographie moteur chez Clément GOMEZ (CG Motorsport). Il m’a réactivé des options moteurs qui n’avaient pas été activées jusque-là. Et tout marche. J’ai gagné en couple et en puissance. Il m’a fait un boulot monstre ! Le moteur n’a rien à voir avec avant ! Enfin, les paliers et arbres de transmission ont été réalisés par UDB Usinage Damen Brulon. Je remercie vivement ces trois partenaires techniques qui m’ont fait un superbe travail.
A ce mercredi soir, à deux jours du rallye, es-tu prêt ?
Je suis prêt ! J’ai seulement essayé la voiture sur le goudron mais j’en ai l’habitude. Puis, ça m’est déjà arrivé de démarrer la saison au Labourd donc je serai bien d’entrée !
Que penses-tu du parcours du rallye avec des spéciales enchainées et l’absence d’Uzkain ?
Mon copilote m'a parlé du parcours mais pour ma part je n’y ai pas encore prêté attention. Je prendrai les choses dans l’ordre.
Concernant les spéciales enchainées, je n'y suis pas du tout favorable. Je trouve ça dangereux d’un point de vue sécurité. Puis, en cas de multiples crevaisons on n’a pas d’assistance volante. Je préfère donc faire une spéciale de moins et être décontracté. Chacun son avis.
Concernant Uzkain, cette spéciale m’a permis de gagner le rallye à plusieurs reprises. C’est vrai. Cependant, ces deux dernières années, ayant de l’avance j’ai roulé doucement pour préserver la mécanique. Ça tapait dans les cailloux. Je suis donc content qu’elle ne soit pas au programme. Puis les autres pilotes commencent à savoir comment y rouler. La spéciale m’intéresserait à nouveau à condition de bien retravailler la piste.
Qu’as-tu prévu pour la suite de la saison ?
Si je termine sans souci au Labourd (victoire ou pas), je vais aller au Gatinais. Et si ça se passe bien j’irai à Soissons. Ce n’est pas pour jouer le championnat mais mon copilote est motivé.
Le défi « Ose comme Castan » t’avait mis au tapis en 2014 par une sortie de route. Tu as pris ta revanche en 2023 avec deux passages magnifiques qui ont été vus plusieurs millions de fois sur les réseaux sociaux.
Même en regardant la vidéo je ne sais pas comment je fais. La première année avec le Porsche je ne pouvais pas le faire. Mais maintenant je suis en confiance avec. Je l’ai en main. Ce n’est pas plus mal que ce goudron ne soit pas au programme cette année car la parabole aurait été remplie de spectateurs, et ce n’est pas forcément mieux de le faire quand tu es attendu. Puis c’est très bien d’avoir revisité BOIS DE ST PEE car il faut du changement. C’est une belle spéciale avec plusieurs jolies zones publiques.
Après ces millions de vues, tu as récemment supprimé toutes tes publications sur ton compte Instagram. Pourquoi ?
J’ai supprimé les publications car il y avait trop de vues, de messages, de sollicitations, d’invitations. On m’écrivait de partout. De plein de pays. Je préfère ralentir de ce côté-là. J’étais invité à des rallyes, à faire des ouvertures. J’aurais été pris au jeu. Donc stop. Aujourd’hui je préfère rester discret. Je ne sais pas si j’ai raison ou tort. On verra plus tard si je reprends.
PANPI DAGUERRE ETRENNERA SA NOUVELLE MONTURE !
Panpi Daguerre sur son nouveau Cazé
Le local d'Ainhoa inaugurera son nouveau buggy à domicile. Il roulera désormais dans la catégorie reine.
Panpi, il y a quelques mois tu as vendu ton auto « maison » pour relever un nouveau challenge. Qu’est-ce qui t’a motivé ?
C’était difficile de se séparer de l’ancienne auto car elle avait une valeur sentimentale. Elle avait été montée entre amis en 2017. Ce projet avait demandé pas mal de sacrifices. Mais j’avais toujours une ou deux propositions. Quelqu’un m’a proposé d’échanger mon auto prête à rouler contre son châssis Cazé à finir de monter. Aimant la mécanique, ça m’a intéressé de remonter une voiture neuve. Avec la bande de copains qu’on est, on aime tout refaire. J’ai donc acquis le châssis roulant et la carrosserie. Il fallait faire les supports, peindre et remonter proprement toute la mécanique. Ce châssis initialement prévu pour un Honda S2000 en 2 roues motrices avait été modifié par l’ancien propriétaire pour passer en 4 roues motrices avec ponts Ford. L’idée de passer en 4 rm m’a aussi motivé. Ayant fait les Cimes en copilote de Christophe Calvo, j’ai été enthousiasmé par le freinage et la motricité d’un 4rm. Cela m’a fait réfléchir et j’ai passé le cap.
Peux-tu nous présenter la mécanique de ce nouveau Cazé 4rm ?
Initialement, je serais resté sur un moteur de voiture mais l’occasion a fait que je suis passé sur un moteur de moto. Ce dernier châssis Cazé est donc doté d’un binôme moteur/boite Kawasaki 1 440 cc. C’est le plus gros des moteurs Kawazaki, les buggys Tomahawk Evo ayant un 1 350 cc. Il s’agit globalement de la même voiture que Régis Demay, Régis Bidondo, Arnaud Lopez, et Florent Brulon, sur Cazé, et que Lionel Babaquy, sur Rivet.
Concernant la transmission, tout vient de chez Damien Brulon, et l’électricité, la mise en route et la cartographie ont été faites par son fils Florent. Avant d’acheter le Cazé, Florent m’a beaucoup conseillé. Il est très sérieux et fait du très bon boulot. Je me suis donc « lié » avec cette famille qui fait du très bon travail, notamment sur les Cazé. Pour les suspensions, il s’agit de quatre P2S. C’est un modèle « proto » avec plusieurs réglages sur la butée hydraulique. Pour le moment je n’ai rien eu à faire, on verra en course.
Mon idéal serait de rouler un jour sur un gros moteur. Petit à petit on essaye de monter. C’est déjà un énorme pas que de rouler avec cette nouvelle auto. A cette occasion, je remercie la famille Brulon, toute ma bande de copains, les Calvo et mon copilote Guillaume Ipharaguerre. On a commencé il y a 10 ans et on continue ! Merci également à ma famille pour son soutien et à ma copine qui me remotive en permanence !
Que penses-tu du parcours du Labourd 2024 avec le retour de Grachienko et les spéciales enchainées ?
Vivant à Ainhoa, je suis hyper heureux du retour du rallye sur la commune. Le parcours chronométré de Grachienko passe à 200 mètres de la maison. C’est ce qui m’a donné cette passion. Je suis donc très heureux qu’une spéciale s’élance de Ainhoa. C’est un énorme pas, on attendait ça ! Et peut-être qu’un jour il y aura un parc comme quand j’étais enfant !
Concernant les spéciales enchainées, je vois les deux côtés de la pièce. D’un côté, je pense que c’est une très bonne chose du point de vue course et pilotage. Tu es « dedans » et tu réattaques d’entrée ! Mais, de l’autre côté, tu peux subir un abandon bête en raison de crevaisons ou d’un petit souci mécanique que tu aurais pu réparer. Je dirais donc que ça ne me dérange pas forcément.
Comment aborderas-tu le Labourd avec cette auto neuve ? As-tu pris le temps de regarder les vidéos de reconnaissance ?
Tout d’abord, il nous reste pas mal de bricoles à finaliser cette semaine. Sur ce rallye, j’aimerais juste finir et m’amuser au maximum. Le but est de découvrir le 4rm car on n’a pas pu beaucoup l’essayer, seulement quelques allers-retours.
Concernant le parcours, je ne regarde pas les vidéos de reconnaissance. Cela m’évite de stresser pour rien. Plus jeune, je n’étais pas très sérieux et ne faisais pas les reconnaissances. Il faut dire que je finissais souvent la voiture le vendredi. Là j’ai envie de changer. J’ai acheté un quad et compte faire deux jours de reconnaissance jeudi et vendredi.
As-tu un programme pour la suite de la saison ?
Non, rien n’est fixé même si l’idée est de faire le Barétous, les Cimes et Royan. On s’est agrandi dans la bande de copains. On essaye de s’aider à préparer les voitures et ça dépendra de qui casse quoi. On s’aide avec Franck Etchebaster (ancien Fouquet), Lilian Touzot (Phil’s car), Joël Darboure (Cledze Suzuki), et Eñaut Suhas (ancien Fouquet 4rm de Gilles Dupouy avec un moteur Nissan qu’on refait pour le Labourd). On va donc commencer par essayer de tous finir le Labourd ! Cela nous ferait très plaisir !
NICOLAS RODRIGUES MONTE EN PUISSANCE !
Nicolas RODRIGUES sur son CAZE Nissan © Laurent GAYRAL
Le local d'Arcangues, aux moteurs ronflants et au pilotage généreux, sera au départ du Labourd 2024. Entretien.
Nicolas, après avoir débuté sur un ancien Fouquet, puis enchainé sur un gros Fouquet Nissan (carrosserie de Clio 2), tu as fait le choix de monter un nouveau CAZE inauguré au Labourd 2023. Peux-tu nous expliquer tes choix techniques ?
Je souhaitais une voiture qui sorte du lot esthétiquement. Ayant acheté une carrosserie atypique de DS3, je cherchais un constructeur qui soit arrangeant en adaptant le châssis à la carrosserie et qui tienne compte du fait que je monte l’auto moi-même. C’est donc naturellement que je me suis rapproché de Michaël CAZÉ qui a toutes ces qualités. Aussi, il était intéressé, présent, et il fait des voitures robustes et performantes, comme en témoignaient les résultats de Denis Artola et de Gregory Vincent. D’ailleurs, l’auto est un mixte de la polo de Grégory Vincent et du dernier Cazé qu’avait sorti Denis Artola.
Au niveau moteur, j’ai fait le choix d’un moteur un peu particulier. Il s’agit d’un Nissan 3.7 L réduit en 3.6 L. Personne ne l’a monté sur sa voiture. J’ai beaucoup bataillé jusqu’à le faire fonctionner. J’adore la mécanique et cela a été un vrai apprentissage pour moi. Maintenant, on peut dire que je connais les Nissan par cœur (rires). C’est un moteur préparé par Jo Benet. Comment te le décrire ? Il a le « démon » en lui avec ses 380 cv ! Je l’ai mis au point tout l’hiver mais j’aimerais l’aboutir. Dès lors, pour le Labourd, je roulerai avec un plus petit moteur, un Nissan d’origine de 330 cv. C’est un moteur pas préparé et pas compliqué qui me permettrait un jour de proposer la voiture à la location. A cette occasion, je remercie CG Motorsport pour la mise au point moteur. Il m’a beaucoup aidé depuis le début.
Ensuite, la transmission intégrale (boite, ponts, cardans) vient de chez Hydrau-Medoc. Je m’entends très bien avec Lionel SALORT. Il a de super idées. J’aime travailler en proximité « d’artisan à artisan » sans avoir recours à une grosse entreprise. Pour les suspensions, beaucoup de buggy Cazé étaient montés avec des P2S et je suis resté sur ce qui fonctionne. C’est une marque à la pointe en tout-terrain. Et cela reste aussi des artisans.
Enfin, tout ce qui est usinage de la voiture (crémaillère, moyeux, etc.), c’est Jo Benet qui l’a fait. J’ai adoré travailler avec lui car c’est un « ancien » ! Il a un savoir-faire qui se perd aujourd’hui. Je tenais absolument à travailler avec lui ! A cette occasion, je tiens à remercier Jo, Denis et Mickaël. Ils m’ont permis d’avoir des bons conseils à proximité.
2023 a donc été une année d’apprentissage ?
En effet, j’ai mis en route et essayé la voiture une semaine avant son baptême au Labourd 2023. A 30 minutes des vérifs, j’étais encore dessus. Il a fallu découvrir et s’habituer « en direct » à un nouveau gabarit, une nouvelle position de conduite, etc. Eh bien, j’ai terminé le rallye en n’ayant aucun souci, juste à mettre de l’essence ! Un baptême validé !
Ensuite, j’ai fait les Cimes. Idem je n’avais que le plein à faire jusqu’à un problème de chauffe à deux spéciales de l’arrivée. J’ai préféré arrêter pour préserver le gros moteur.
Quelles seront tes ambitions pour ce Labourd 2024 ? Et comment appréhendes-tu l’absence d’UZKAIN, l’enchainement de ZIBURUKO/GRACHIENKO (14.5 kms) le samedi, et XIPA/BOIS DE ST PEE (19 kms) le dimanche ?
Concernant les enchainements, je n’y suis pas très favorable car notre discipline sollicite les voitures. On peut se retrouver avec deux crevaisons ou de la boue dans le système de refroidissement. J’apprécie de revenir à l’assistance, valider la voiture, et partir serein à chaque départ.
Concernant UZKAIN, c’est une spéciale que j’adore ! Elle ne m’a jamais réussie en raison des crevaisons mais elle est magnifique en termes de profil et de paysages ! Elle ne va pas forcément manquer car GRACHIENKO a aussi un profil intéressant. D’ailleurs, j’ai hâte de découvrir cette spéciale que je n’ai jamais faite en course ! Enfin, je suis ravi que l’on emprunte le parcours de BOIS DE ST PEE des années 2000/2012. Cette spéciale me faisait rêver enfant et ado ! Globalement, je trouve le dimanche magnifique ! Ce sont les deux plus belles spéciales. J’ai hâte !
Concernant les ambitions, dans l’idée j’aimerais rentrer dans les 10 mais je le prends vraiment sans pression. Cela ne sera que ma 3e course avec cette auto !
Qu’as-tu prévu pour la suite de la saison ?
Je compte faire les Cimes mais j’ai envie de profiter de l’été (rires). Je consacre beaucoup de temps sur la voiture donc il faut aussi savoir être disponible dans sa vie de couple. En fin de saison, j’aimerais m’essayer à un rallye du nord. Je rêve de faire Plaines & Vallées ! Chaque année j’y pense ! Rouler de nuit me tente beaucoup ! D’ailleurs, je rêve aussi de revoir une spéciale de nuit au Labourd. Par exemple, un prologue de nuit sur le plateau de BOIS DE ST PEE ! Si ça peut vous donner une idée (rires).
Pour mieux te connaitre, tu es plutôt :
- Rallye du Labourd ou Foire jambon ? Rallye du Labourd sans hésiter, je ne suis pas très foire au jambon ni fête de Bayonne mais le Labourd je l’attends tous les ans avec impatience.
- Rallye de Plaines ou de montagne ? Aujourd’hui montagne. Aux Cimes, il y a vraiment un « esprit », un côté « challenge ». Mais j’aimerais découvrir la plaine.
- Fitness Park ou Basic Fit ? Haha Basic Fit, trois fois par semaine.
- Séance pecs ou séance jambes ? Séance pecs sans hésiter. Ça entraine pour les problèmes de direction assistée (rires). D’ailleurs, une année j’ai fait le Labourd sans DA, il faut de la force dans les bras !
THOMAS LEFRANCOIS, PILOTE AUX MULTIPLES CASQUETTES !
Thomas Lefrançois sur son Rivet Honda © Patrick Doucet
Pilote, organisateur et professionnel de l’automobile, le normand aborde tous les sujets d’actualité du tout-terrain.
Thomas, après des débuts en 4x4 puis sur un fouquet ancienne génération, tu es revenu dans la discipline en 2017 avec un nouveau Rivet. Peux-tu nous expliquer ton parcours et ce choix ?
Après des débuts en tout-terrain, j’ai fait quelques années en rallycross. D’une part, cela m’a permis de faire équipe commune avec mon frère qui y roulait, et d’autre part, cela m’a permis de me consacrer aux clients sur les courses.
C’est-à-dire ?
J’ai plusieurs activités. L’activité majeure est l’activité de transport avec TRANSLOCAUTO. Ensuite, nous avons une activité de compétition avec SDTEC en tant que distributeur et revendeur SADEV et atelier agréé SADEV. Enfin, nous sommes revendeurs pour faire de l’essence de compétition P1 Fules. C’est de la « e-essence », une essence décarbonée. C’est l’essence de demain. Avec SDTEC, on distribue ces produits sur la France, la Belgique, et l’Allemagne. Nous sommes également présents en prestation de transport, de distribution, et même de refueling sur des manches du WRC, notamment au Monte-Carlo.
Génial ce produit vert ! Tu utilises cette essence en rallye tout terrain ?
Absolument, depuis deux ans je roule en tout-terrain avec une essence de compétition décarbonée. Cela me permet aussi de mettre cela au point pour les clients. C’est performant et meilleur pour l’environnement. Il y a juste une cartographie moteur à faire. Aujourd’hui les gros préparateurs ont déjà fait des pré-cartos sur des moteurs avec ces essences-là. P1Fules est le distributeur officiel en championnat d’Europe de karting et WRC. Aussi, l’Espagne et le Portugal ont décidé que les rallyes devront rouler en carburant renouvelable. On a un peu d’avance sur cette partie-là.
Cela peut donc devenir un sujet en tout-terrain ?
Aujourd’hui, en TT, la plupart des concurrents utilisent du SP 98, quelques-uns utilisent de l’essence de compétition. C’est plus onéreux mais il faut réfléchir aux questions environnementales. L’asphalte et le rallye terre y viennent. Cela devrait vite venir en TT. En rallycross, la catégorie « Super car » roule à 80% avec de l’essence renouvelable. Idem, pour la vie de tous les jours. L’Allemagne réfléchit à passer les véhicules de fonction de grandes villes à un carburant décarboné. Il y a un engouement pour l’essence propre ! C’est parfois compliqué de développer l’électrique alors que le carburant renouvelable serait simple à mettre en place à grande échelle.
Merci pour ce sujet très intéressant. Pour revenir sur ton auto actuelle, peux-tu nous expliquer tes choix techniques ?
J’ai choisi un Rivet car c’est le châssis qui me faisait le plus rêver. J’aime travailler sur les choses, les épures de train, les réglages châssis. C’est ma passion ! Fabrice (Rivet) a un savoir-faire et on échange très bien. On a réussi à aligner les pions dans le bon sens grâce à son expérience. Pour la motorisation, cela a été une grande réflexion. On a constaté qu’une grande diversité de moteurs étaient capables de gagner. De ce fait, j’ai choisi un 2.4L Honda. Je ne souhaitais pas un gros moteur et préférais une voiture maniable. J’ai alors travaillé avec Gaëtan SARAZIN, préparateur moteur très présent en autocross et en rallycross. Ça l’a intéressé de connaitre une autre discipline. En 2021, on est passé sur des amortisseurs Donerre. Depuis, la voiture est beaucoup plus efficace. Il faut une bonne entente entre le châssis et l’amortisseur. Je me sens automatiquement mieux avec l’auto. Ensuite, on a travaillé sur le reste pour que cela fonctionne bien aujourd’hui. Enfin, il y a une boite SADEV, on ne pouvait pas faire autrement (rires). On avait développé le modèle. C’était une bonne chose pour ne pas faire subir les améliorations aux clients. C’est une boite de qualité.
On constate que l’auto va bien. Tu as décroché plusieurs podiums et deux victoires récentes (Plaines & Vallées 2022 et Dunes & Marais 2023). Ce sont pourtant des rallyes à « gros moteurs ».
Pour avoir des résultats, il faut de la fiabilité et de la régularité. C’est un tout : un bon feeling dans la voiture, une remise en cause personnelle, une meilleure prise de notes, un bon copilote et une bonne équipe, un travail sur l’auto, les amortisseurs Donerre. Concernant ces deux victoires en terrain rapide, même moi, je ne le comprends pas forcément. A Plaines, il y a pas mal de forêts et de technique. A Royan, gagner c’était de l’ordre du rêve, on voulait surtout faire un résultat. On est parti bille en tête. C’était une belle bataille avec Stephan (Barthe) qui a eu un souci. C’est un très bon pilote avec une très bonne auto. La victoire est une chose mais une belle bagarre c’est le plus important.
Tu démarres bien la saison avec une belle 2e place à Arzacq, quels ont été les moments clés ?
Dimanche matin, on perd 50 secondes en calant dans un gué. Il y avait de l’eau dans le moteur. Dès lors, au lieu de se battre avec Benoit Bersans pour la gagne, on a essayé de maintenir V. Poincelet pour la deuxième marche. Globalement, on a subi dans les champs car on manque de couple avec le moteur 2.4L. Les gros moteurs ont plus de couple et de puissance. On étouffait le moteur.
Avec tes casquettes de pilote et organisateur, que penses-tu de l’enchainement de deux spéciales sans assistance ?
Selon moi, c’est une très bonne chose avec les deux casquettes. J’aime rouler, prendre du plaisir dans l’auto. Concrètement, je fais toujours un ratio prix/km. Aujourd’hui, quitte à payer un engagement, je veux faire le plus de kilomètres. Oui c’est plus de risques, mais je trouve ça intéressant pour jauger sa fiabilité, savoir se dépanner seul. Je sais que je ne suis pas dans la majorité mais c’est du piment en plus et ça me va bien. Il ne faut pas aller plus loin que deux spéciales enchainées mais deux ça va bien.
Différencies-tu deux spéciales enchainées ou une spéciale de 20 kms (comme ça a pu être le cas à Plaines et Vallées ou au Jean de la Fontaine) ?
A Plaines, on a essayé les deux choses, une spéciale de 25 kms et deux spéciales enchainées. On aime les défis ! On aime ces concepts pour proposer entre 140 et 150 kms chronométrés. On va chercher la limite des 150 kms autorisés par le règlement FFSA (même s’il est possible d’y déroger). Il faut s’adapter au terrain. Ce n’est pas 150 kms aux Cimes. A Plaines on pourrait faire 200 kms, il n’y aurait pas beaucoup d’écart sur le nombre de concurrents à l’arrivée. Sur un Dakar ils font bien 400 kms par jour. C’est un rythme à adapter. Finalement, ce sont les choix de chacun. C’est ma vision et je respecte les visions différentes.
As-tu pris le temps de prendre connaissance du parcours du Labourd 2024 ? Et avec quelles ambitions arriveras-tu ?
Tout d’abord, le Labourd est un rallye que j’adore ! Ce sont des paysages magiques. Cela reste un rallye difficile. Concernant le parcours, je n’ai pas pris le temps de regarder en détail même si bien sûr j’ai lu le programme sur le règlement particulier et le timing. Mais je me mettrai réellement dedans dans les recos. Concernant mes ambitions, je verrai au fur et à mesure avec l’envie de bien faire. On y va pour gagner comme tout le monde. Mais j’ai moins d’expérience car j’y ai peu roulé récemment. Aussi, la concurrence sera rude, encore plus forte qu’à Arzacq. Enfin, le terrain reste de la montagne et pas de la plaine, avec un déficit d’expérience.
Qu’as-tu prévu pour la suite de saison ?
On a prévu de prendre les courses les unes après les autres, sans se mettre de pression. J’aimerais faire le maximum de rallye. L’an prochain je ne suis pas sûr de rouler en sport auto. Donc j’aimerais rouler le maximum cette année et passer des week-ends plaisir, en espérant de bons résultats.
De nouveaux projets pour l’année prochaine ?
Oui, l’année prochaine j’aimerais sortir une nouvelle voiture pour mon frère en rallycross. Ce sera un châssis tubulaire Rivet (c’est intéressant car il n’a jamais fait de rallycross), une carrosserie de voiture (obligatoire), un moteur Nissan, boite Sadev, ponts Sadev, et des amortisseurs Donerre (qui sera également nouveau en rallycross). On aime les choses différentes !
D’après ta page Facebook TLA Racing, vous êtes plusieurs LEFRANCOIS à rouler en compétition ?
En effet, j’ai aussi deux nièces, Mélanie et Marie qui roulent en compétition. Mélanie a été titrée en coupe de France féminine de rallye cross Twingo 2023. Ayant géré l’auto, j’ai peu roulé en 2023. Cette année, Marie roulera en Twingo et Mélanie roulera en Clio junior. En effet, suite à son titre, elle a la saison offerte. Cela comprend la voiture, les pneus, et la gestion de l’auto (hors casse). Il reste l’engagement à la charge de la pilote. C’est une vraie formule de promotion FFSA et avec une belle concurrence. Enfin, ma fille de 12 ans souhaite rouler en 2025 et mon fils de 7 ans débute en cross car pour apprendre. Comme tu le vois ma vie passe dans le sport auto.
Dernier sujet, tu quitteras la présidence du Plaines & Vallées à la fin de la saison ?
En effet, j’arrive aux termes des quatre ans de mandat. Ça tombe pour le 50e anniversaire du rallye. C’est trop de temps, et trop de temps à se battre. J’aime être détendu en rallye et conserver un bon esprit. Aujourd’hui, le fait d’être Président engendre plein de choses derrière, on a l’impression de faire toujours mal les choses. Je n’ai pas pris ça pour avoir le titre de « Président » mais pour continuer car il n’y avait personne. J’aimerais une grande fête pour le 50e. Pour la suite, je les aiderai dans l’ombre et je serai content. Mais pas dans le comité. Il y a eu des rumeurs que ça s’arrêterait. Mais ça va continuer. J’espère que quelqu’un prendra la suite. Je ne suis pas inquiet. Le rallye a 50 ans et ce ne sera pas le dernier. Je peux aider à former une équipe et que le Plaines perdure.
BENOIT BERSANS, UN RETOUR VICTORIEUX !
Benoit BERSANS et Cédric NICOLAU © Lionel MONTMAIN
Le pilote béarnais vous dévoile sa nouvelle monture et revient sur sa victoire à Arzacq pour l’ouverture du championnat il y a 15 jours.
Benoit, tu as fait tes premières classes sur un Fouquet Nissan d’occasion (ex : P. Orhatégaray). Ensuite, tu as été champion de France 2022 sur un Dronde Nissan. Enfin, début mars 2024, il y a 15 jours, tu t’es relancé dans un nouveau projet avec une nouvelle voiture. Comment est né ce projet et comment l’as-tu pensé ?
Après le titre et la vente de la voiture, je n’étais pas chaud pour repartir. Les copains de l’assistance m’ont poussé à continuer. Je me suis alors rapproché de Laurent (Fouquet) qui est une valeur sûre. Laurent m’a guidé. J’avais deux souhaits, celui d’avoir une voiture clé en main et celui de rouler avec un moteur Nissan 3.6L de chez Vincent Foucart. C’était mon rêve et je ne le regrette pas ! La voiture marche super bien et le moteur est fabuleux ! Je ne lui vois aucun défaut ! Elle pardonne beaucoup. Avec plus de débattements, je ressens plus de confort. Puis côté moteur, il y en a partout (du couple). Peu importe le rapport, en accélérant ça pardonne ! Concernant la mécanique, il s’agit d’une boite 6 vitesses et de ponts SADEV. Hydro-Médoc a aussi fait pas mal de pièces (crémaillère, entretoise moteur, transmissions, et portes moyeux, etc.). En suspensions, j’ai désormais des Ohlins. A Arzacq, j’ai roulé avec les réglages d’origine. Je n’ai fait aucun clic, ce n’était pas un terrain fait pour bricoler. On verra les réglages sur le sec. Enfin, pour la décoration, j’ai repris le jaune des voitures précédentes et y ai ajouté du bleu, la couleur préférée de mon fils. Pour la petite histoire, le jaune et le bleu sont les couleurs de mon club de rugby.
Je voudrais remercier Vincent (Foucart), Laurent (et son équipe), Gérard Cassou et Olivier Darrieumerlou (qui viennent en semaine), et les copains en rallye, Yannick Lonne-peyret, Jean-philippe Pelieu. Puis ma famille qui s’investit. Ma compagne qui me soutient au quotidien. Et bien sûr Cédric (Nicolau) avec qui je suis en osmose pendant le rallye ou en dehors. J’en oublie certainement.
Ton année de pause 2023 après le titre 2022 était toute relative. Une volonté de rouler avec le numéro 1 ?
A la soirée AGORA TT (ndlr : soirée conviviale en fin de saison rassemblant les passionnés), j’avais gagné l’engagement pour le rallye d’Arzacq. Je reviens à table et dis « c’est dommage j’ai gagné l’engagement mais je n’ai plus de voiture !». Jean-Philippe m’a répondu « tu sais quoi ? On va rouler ensemble à Arzacq, on se partagera le volant !». On a remis ça au Labourd. Ensuite, j’ai roulé entièrement au volant à Orthez avec le BMC de Ronie Pellerin. Podium. En fin de saison, j’ai fait l’assistance de Yannick (Lonne-Peyret) au R7VA et copilote de Stéphane (Abadie) à Plaines. J’ai pris du plaisir à chaque fois et gardé un pied dedans.
Félicitations pour ta victoire à ARZACQ pour l’ouverture du championnat. Pour citer à nouveau Michaël Pillard, c’était « une victoire de bout en boue ». Comment as-tu appréhendé cette course avec une voiture neuve, peu de roulage, et des conditions météos difficiles ?
Initialement, on a attaqué le rallye avec seulement l’idée de prendre en main ce nouveau Fouquet et de le découvrir en conditions réelles. Je l’avais juste testé sur un chemin d’un kilomètre de long jusqu’à consommer un plein. J’avais déjà senti que c’était parfait en termes de comportement et de maniabilité. Puis, la course démarrant, dès la première spéciale j’ai dit à Cédric « il y a du potentiel avec l’auto ! ». Cédric m’a répondu « Ok, alors vas-y attaque ! ». C’est ce que l’on a fait. On a pris la tête du rallye. Dimanche matin, on a remis un coup sur la première. En revanche, quand j’ai vu les conditions de pistes dans la suivante, je me suis dit qu’il fallait arrêter. Les directeurs de course ont pris la bonne décision en sonnant l’arrivée.
Sur ta caméra embarquée (voir sur YouTube >>>), je ne te sens pas perturbé par ton « Flat out » (passage à fond) en fin de spéciale. Tu semblais plus gêné en début de spéciale. D’ailleurs ton copilote te conseille.
En effet, dans la voiture je ne me rends pas compte de la vitesse sur ce passage (voir la vidéo extérieure >>>). Quand on a décollé, je savais que c’était en dévers et que ça pouvait perturber la voiture. Plein m’ont dit « mais t’es fou ! » mais j’avais noté que ça passait à fond. C’est vrai que le moindre écart ne pardonne pas. Dès le départ, j’étais trop violent. Il faut savoir que j’ai désormais une assistance hydraulique. Le volant est souple et je ne sens pas trop le train avant. Je mets encore des coups de volant comme avant et dois désormais apprendre à être plus fin. Cédric me connait bien, quand il voit que je bataille il calme le jeu. Globalement, j’ai l’impression d’avoir roulé sur le gras comme sur le sec. Sur le rapide on a été vite et on a baissé le pied lorsqu’il n’y avait pas d’appuis.
As-tu pris le temps de prendre connaissance du programme du Labourd 2024 et comment vas-tu aborder ce rallye ?
Pas du tout ! Je pense davantage à bien préparer la voiture et me mettrai dans le bain à la remise des roadbooks (carnets d’itinéraires) jeudi matin. C’est ma manière de fonctionner. Je n’ai pas d’ambition particulière. Mon idée est de prendre le maximum de plaisir avec la famille et les amis. Et je sais que si on prend du plaisir, automatiquement on fera quelque chose de bien ! Concernant le parcours, je ne suis pas hyper friand d’enchainer les spéciales sans assistance. Il ne faut pas faire d’erreur sur la première car ça ne pardonne pas. Pour la suite de la saison, on verra le programme. J’aimerais aussi voyager. Ce ne sera pas possible de tout faire.
Pour mieux te connaitre :
- Aviron Bayonnais ou Section Paloise : Haha section Paloise ! J’avais le billet pour le derby le week-end dernier mais c’était les 90 ans de ma grand-mère. Le choix était vite fait.
- Rallye du Labourd ou Foire au jambon ? Normalement les deux haha mais cette année ce sera le Labourd car ça tombe le même week-end.
- FFSA live ou Strava ? Haha il vaut mieux me suivre sur FFSA live, je n’ai pas Strava. C’est ma compagne qui me motive à aller courir avec elle.
VINCENT POINCELET, A GRANDE VITESSE !
Vincent POINCELET sur son Fouquet SPDO bien né et baptisé © Pix Off Road
Le pilote de l’Aisne présente sa nouvelle monture et ses ambitions pour l’année 2024. A bord d’un TGV pendant l’entretien téléphonique, le titre de l’article « à grande vitesse » lui va si bien !
Vincent, tu as inauguré un tout nouveau Fouquet en octobre dernier. Au-delà de les énumérer, peux-tu nous expliquer tes choix techniques et comment tu choisis tes partenaires techniques ?
Au niveau châssis, j’ai toujours fait confiance à la famille Fouquet. C’est un produit de qualité, performant, robuste, et une entreprise sérieuse. Il sortait un nouveau châssis alors cela a été une évidence. Ses produits fonctionnent de suite. Au niveau moteur, je suis entouré de beaucoup de personnes, et notamment de Vincent (Foucart). Je voulais un moteur différent des autres (comme à mon habitude, notamment avec le Mazda auparavant). Aussi, je voulais une grosse cylindrée en 3.6L et j’adore les BMW. J’ai accroché avec le V8. Il est hyper performant dès l’achat avec 420cv d’origine en 4L. Descendu en cylindrée à 3.6L, il développe 415 cv. Datant de 2010, il est plus simple à trouver. C’est le dernier M3 en atmosphérique. Il a succédé au moteur aux 6 cylindres en lignes. Il y a du couple à très bas régime ce qui est très important. Le moteur atteint quasiment son couple maximum à partir de 3 500 tours. Et, il prend 8 700 tours, ce qui est énorme pour un V8. De manière générale, je discute avec Laurent (Fouquet) mais également avec Michel Petit, Fabrice (mon beau-père), Daniel Lay (ex pilote de rallye TT), Vincent (Foucart), Éric (mon électricien auto), et Vincent LAMAT (mon carrossier). Ce sont des personnes qui travaillent sur la voiture. Leur avis compte beaucoup pour moi.
Au niveau des suspensions, je suis toujours partenaire de Öhlins avec qui je suis proche. La maison Öhlins a développé un nouveau produit que nous sommes trois à posséder (Benoit Bersans, une voiture de Laurent Fouquet, et moi). Cela fonctionne très bien.
Ayant visionné tes dernières caméras embarquées, il ressort que tu montes les vitesses au volant mais les descends au levier. Pourquoi ? Peux-tu nous parler de ta boite de vitesse et de son fonctionnement ?
Ça me fait rire car beaucoup de monde me pose la question. C’est une habitude que j’ai prise. Au départ, j’avais un problème d’infrastructure. J’arrivais à monter mais pas à rétrograder. J’ai pris le pli de rétrograder au levier et c’est resté comme ça. Pour le moment ça me va bien mais ça changera peut-être. Pour vous expliquer, il faut savoir que pour passer les vitesses, un vérin hydraulique vient mettre des coups d’accélérateur. Il faut un mouvement pour décrocher les crabots car ça ne change pas automatiquement. Cela évoluera peut-être à l’avenir. Pour le moment, je gagne du temps aux passages de vitesses et n’en gagne pas en descendant. Aussi, je n’utilise jamais l’embrayage. Enfin, il faut savoir que quand c’est gras, avec peu de motricité, c’est difficile de donner cette action mécanique et c’est plus facile au levier. A Arzacq, très gras avec peu de motricité, c’était plus délicat à faire fonctionner. En revanche, sur un Labourd, même gras, je pense ne pas être embêté. Avec du grip, c’est très efficace et impressionnant à la vitesse où ça passe !
A Arzacq, nous avons découvert ta carrosserie à la couleur Orange de SPDO. Personnellement, cela me remémore les grandes années de ton oncle Patrick POINCELET et m’a touché. Est-ce un hommage ?
Si ça peut vous faire sourire, mon oncle l’a découvert à Arzacq et m’a appelé pour me dire que j’aurais pu le lui dire (rires). Il était très content ! Depuis deux ans, j’ai racheté 50% de la société SPDO à mon oncle. Mon père y est encore avec moi. Le but était de représenter l’entreprise et de retrouver la couleur d’origine SPDO. Tant mieux si cela plait au public.
Tu as profité des deux rallyes fin 2023 (Dunes & Marais, et R7VA) pour mettre la voiture au point.
En effet, j’ai eu plusieurs petits soucis dû à l’innovation du montage (démarreur, électricité). Aussi, un problème de chauffe que Vincent (Foucart) a corrigé. J’ai aussi beaucoup travaillé sur les autobloquants de la voiture. Les modifications de cet hiver ont l’air de fonctionner. C’est une voiture qui est bien née. En revanche, le pilote doit se remettre en confiance car à Arzacq je n’étais pas dedans.
Pourtant tu fais un podium à Arzacq, Tu as même roulé à l’aveugle dans ces conditions.
Je dirais que j’étais à ma place. D’entrée, je n’étais pas dedans. A la première, j’ai été dans un fossé, puis ai rattrapé un concurrent qui avait eu un souci. Ensuite, j’ai mis du temps à réagir. Le dimanche matin j’ai mieux roulé mais j’ai rattrapé Stephan Barthe qui avait un souci. Je n’ai fait aucune spéciale très sereine ! C’était particulier de revenir dans le Sud car la cadence et le rythme sont différents. Je n’y avais pas roulé depuis quatre ans. J’ai globalement peu roulé depuis 2019. Et, le terrain était difficile. Puis, tu n’es pas obligé de l’écrire dans l’article mais j’ai passé 40 ans (rires). Comme tu peux le voir sur la caméra embarquée (ndlr : merci au Team Monster Motors pour la caméra) c’était particulier de conduire à l’aveugle. J’ai souhaité partager la caméra embarquée de la dernière spéciale car on prend des sceaux d’eau. C’est assez épique ! Ça n’arrive pas souvent ! Je souhaite par cet entretien remercier les organisateurs d’Arzacq qui ont fait un grand travail et qui n’ont pas été récompensés par les conditions.
A Arzacq - comme au Labourd à venir – il y a des spéciales enchainées. Comment abordes-tu ces enchainements et que penses-tu de ce concept ?
Je n’aime pas du tout ! Encore moins dans les rallyes de montagne ! A Arzacq, j’ai été obligé d’embarquer des bouteilles d’eau pour nettoyer le pare-brise et les vitres latérales dont on a besoin pour conduire. On n’a pas une unité kärcher pour laver les voitures comme en WRC. Il est assez simple au Labourd de casser ou de crever deux roues. Même en WRC ils ont des assistances volantes entre les ES. On n’est pas en WRC avec des teams. Aussi, le fait de ne pas passer par l’assistance ne fait pas rouler davantage car le temps de liaison calculé est souvent trop long, et l’on se retrouve parfois à attendre que les concurrents précédents finissent la spéciale de sorte que nous aurions eu le temps de passer à l’assistance. On passe notre temps à attendre dans les voitures. Concernant ma façon d’aborder l’enchainement, je pars pour faire attention dans la première pour ne pas avoir de souci dans la deuxième.
Le Labourd 2024 n’empruntera pas la spéciale de UZKAIN. C’est un parcours qui t’a déjà fait « perdre » ou « ne pas gagner » le rallye. Est-ce que tu aborderas la course différemment ?
Tout d’abord, j’ai toujours bien aimé le Labourd. Effectivement, j’ai souvent terminé deuxième. J’ai réussi à remporter le rallye en 2019. C’est d’ailleurs la dernière fois que j’y ai roulé. Concernant UZKAIN, cette spéciale ne m’a jamais souri en effet. J’ai parfois trop géré. C’est une vraie spéciale de montagne, ce n’est pas mon terrain de prédilection. Il a fallu apprendre, comme quand les sudistes viennent dans le nord pour rouler vite entre les arbres. Je ne vais pas me plaindre qu’elle ne soit pas au programme même si elle ne me dérange pas. Je suis très motivé pour venir au Labourd. Puis c’est une belle région dans laquelle j’ai envie d’aller. Merci aux bénévoles du Labourd d’organiser ce bel évènement chaque année.
Dans la présentation de la saison, Michaël Pillard a annoncé que tu comptais faire les 4 premiers rallyes puis que tu aviseras.
En effet, j’ai prévu de faire le point après Arzacq, Labourd, Gatinais et Jean de la Fontaine.






