Interviews de pilotes

 

 

ENTRETIEN AVEC ANTOINE SANCHEZ

 

 

Antoine SANCHEZ roulera sur le Cledze de X. INCAGARAY © Patrice Doucet

 

Champion d’Europe de quad, le senpertar fera son premier rallye au volant d’un buggy.

 

Antoine, nous étions à l’école primaire ensemble. Vingt ans après, tu vis pleinement ta passion pour le sport mécanique. Peux-tu nous en parler ?

 

Mon père m’a mis sur une moto à 4 ans. J’ai pratiqué le cross et l’enduro. Ensuite, à 18 ans, j’ai fait ma première saison en tant que moniteur de quad à St Pée sur Nivelle. M’associant dans cette activité, j’ai proposé pendant douze ans des randos sur St Pée (de 1h à 3h), et des séjours en Espagne sur 2 à 5 jours au nord de l’Espagne et en Aragon.

 

Tu as commencé par la moto mais c’est en quad que tu t’es illustré ?

 

J’ai effectué ma première compétition de quad il y a 8 ans à 22 ans sur le championnat de France d’enduro de quad. J’ai ensuite cherché des courses qui me permettaient d’allier pilotage et navigation car le rallye raid m’intéressait. Je me suis dirigé vers les bajas. En 2022, j’ai participé à quelques courses, et en 2023 j’ai remporté le championnat d’Europe, aux termes de 5 courses disputées en Espagne, au Portugal, en Italie et en Hongrie. J’ai notamment pu rouler avec Alexandre Giroud qui a remporté deux fois le Dakar en quad. C’est une belle discipline qui permet de rouler 600 à 800 kms sur 4 jours, soit le même temps qu’un rallye tout terrain. En termes de coûts, la machine vaut un peu cher mais cela reste produit en série donc les pièces sont faciles à trouver. Mes partenaires m’aident et je les en remercie. Malheureusement, la catégorie quad n’est plus présente sur le Dakar. On l’avait vu venir car l’organisateur diminuait le nombre de places ces dernières années. Je suis déçu car lorsque j’ai gagné le championnat d’Europe en 2023, l’objectif était de faire le Dakar 2025 au guidon.

 

Tu vis également ta passion à travers le Dakar à travers différents rôles ?

 

En effet, je postulais depuis plusieurs années, depuis l’Amérique du Sud, afin d’entrer dans l’organisation du Dakar. En 2020, une campagne de recrutement a été ouverte et j’ai pu participer aux Dakar 2020 et 2021 en Arabie Saoudite en tant que commissaire. Cela consistait à contrôler les carnets d’itinéraires des concurrents pour attester qu’ils valident les points de passage obligatoire sur le parcours. Ensuite, en 2022 et 2023, j’ai été ouvreur. Cela consiste à passer avant les concurrents pour vérifier l’état des pistes et la conformité du roadbook. Très souvent, ce contrôle est fait la veille mais parfois je bivouaquais sur la piste et très tôt le matin je vérifiais un point spécifique tel que la formation d’un oued (rivière asséchée dont le niveau de l’eau peut monter d’un mètre s’il pleut). C’est une belle façon de vivre le rallye.

 

Après avoir été commissaire et ouvreur, tu as ensuite participé au Dakar 2024.

 

En effet, en 2023, j’ai copiloté en rallye raid avec Patrice Étienne dans la team YDEO Compétition sur une auto Century avec un V8 Chevrolet. On a fait le Maroc avec en point d’orgue le Dakar en janvier 2024. L’année 2023 a été pleine avec le championnat d’Europe de quad, le rallye raid en navigateur et la participation à trois rallyes tout terrain en tant que copilote également avec Jon Juanicotena (à Arzacq, au Labourd et aux Cimes). Enfin, en 2024, j’ai navigué au Portugal, au Maroc, ainsi qu’à la Baja Aragon. J’y ai navigué Pierre Louis Loubet sur un buggy APACHE (SSV catégorie T3 Hybride fabriqué par un constructeur français). Très belle expérience également avec un pilote qui met du gaz !

 

 

Après ces deux années chargées, tu as décidé de participer au Rallye du Labourd 2025 qui se tiendra ce week-end. Comment est arrivé ce projet ? Toi qui roule en quad, tu aurais pu louer un SSV mais tu as décidé de louer un buggy 2 roues motrices ?

 

J’avais dit à ma femme qu’on ferait le Labourd ensemble. Quand je roule en quad ou en Baja, c’est assez « égoïste » car je m’absente seul. Je tenais donc à ce que l’on vive cette aventure ensemble. Ma femme est montée dans le Cledze 2 rm loué à Xabi Incagaray samedi dernier. Le test est validé (rires).

 

Effectivement, à la base je comptais louer un Can’Am. Cependant, je ne voulais pas être seul alors que mes potes roulent en 2 roues motrices. En effet, on va rouler entre copains avec Jon Juanicotena (sur Rivet Suzuki 2rm). J’ai donc choisi un Cledze 2rm. Puis, Patxi Elizalde. un copain qui nous a fait la surprise de rentrer d’Australie il y a 15 jours, s’est décidé à louer un SSV à Romain Locmane. Je suis très content de vivre ce moment avec Jon et Patxi qui me font la mécanique sur les Baja en quad et avec qui j’ai vécu mes expériences au Dakar en commissaire et ouvreur. Je les remercie et ai hâte qu’on se fasse ce petit « délire » de 2025 ensemble.

 

Moniteur de quad à St Pée sur Nivelle, coeur du rallye, tu connais les pistes. En revanche, tu n’as aucune expérience au volant d’une auto. Comment abordes-tu l’épreuve ?

 

Le but est de me faire plaisir. Ce sera le mot d’ordre du week-end. Je reste les pieds sur terre même si je sais qu’avec un casque je vais vouloir donner le meilleur. Il faut rester à sa place. Je ne connais pas la voiture et je ne sais pas me situer par rapport aux autres. Je vais rouler propre et essayer de mettre un peu de gaz.

 

Quel sera ton programme pour la suite de cette saison 2025 ?

 

Je vais participer au championnat du monde de quad. La première course est dans un mois. J’aimerais participer à 5 des 8 épreuves, à savoir les rallyes d’Europe évoqués précédemment, auxquels s’ajoutera le rallye de Dubaï en novembre. En ce qui concerne la navigation en rallye raid, ce sera en fonction des opportunités. J’ai un petit garçon de 3 mois donc je n’ai pas trop de plans non plus.

 

L’ASA Côte Basque a 50 ans. Si tu devais citer un pilote ?

 

Nicolas LARROQUET ! On a 10 ans d’écart. Il a donc commencé à rouler quand je me rendais au bord des pistes. J’aimais bien le « format » dans lequel il roulait : sans avoir le plus de moyens, il bataillait avec sa passion et était devant. Comme nous aujourd’hui en quad. Donc ça me plaît !

A l’occasion de cet article, j’aimerais remercier toute l’Asa côte basque. Présent dimanche dernier pour aider à baliser le parcours, toute l’équipe œuvre avec passion autour du Président, Fabien Ducasse, pour nous préparer une belle épreuve. Merci à tous.

 


 

ENTRETIEN AVEC CHRISTIAN ESTEINOU

 

 

Christian ESTEINOU sur Fouquet Honda © Patrice Doucet

 

Nouveau Vice-Président de l'ASA Côte Basque, et récent acquéreur d'une auto, ce Labourd 2025 sera spécial pour Christian Esteinou. Entretien.

 

Christian, on te connaît essentiellement « copilote » mais tu as déjà roulé au volant à plusieurs reprises.

 

En effet, j’ai navigué principalement Nicolas Etcheverry, et quelques fois Nicolas Larroquet, Frédo Calvo, et Txomin Laffargue. En 2016, j’ai voulu marquer le coup du 40e Labourd avec un copain d’enfance. J’ai donc loué et conduit le BMC (rouge) de Michel Beyris 2 roues motrices, moteur Honda, boite Sadev. Avec cette auto, j’ai disputé trois rallyes du Labourd et trois rallyes des Cimes. Sur cette dernière épreuve, j’ai déjà été en tête avant de sortir à Hegixuria.

 

Pourquoi avais-tu choisi la location ?

 

Comme évoqué, j’ai d’abord choisi la location car je souhaitais « marquer le coup ». La location était l’option idéale. On m’a dirigé vers BMC et ça s’est très bien passé. On s’entendait très bien. C’était pas loin de la maison, une superbe voiture et Michel était arrangeant pour les réparations. Je ne cherchais pas à voir autre chose. Michel venait me faire l’assistance et, en plus de la location, j’achetais mes roues.

 

Est-ce une formule que tu conseillerais à un jeune ou à un moins jeune qui n’a pas la structure ou l’équipe pour acheter une voiture ?

 

Cela dépend du projet. Si c’est « une fois dans ta vie », c’est super. Sinon, il faut les reins solides pour le faire sur 3-4 courses dans l’année. Cela peut être compliqué en cas de sortie de route. J’ai été chercher quelques résultats mais il faut faire gaffe quand même car ce n’est pas ta voiture. Pour ma part, j’ai pu réparer moi-même et avec des amis car Michel était arrangeant.

 

Tu as désormais acheté ton véhicule. Pourquoi l’achat, le 2rm et le moteur de voiture ?

 

Les décès de mon parrain et d’un ami m’ont donné une leçon de vie. Ces événements m’ont donné envie de profiter de la vie et de ma passion. Je me donne ainsi deux ans pour m’amuser avec cette voiture. Ensuite, le choix s’est porté sur le Fouquet 2rm Honda boite Sadev (ex : Cazalet, Nico Etcheverry). Cette auto a bonne réputation et j’y ai roulé à côté.

 

Rouler en 2 rm, c’est la chance de vivre notre passion avec un groupe d’amis. Avec Nico Larroquet, Grég Goni, et d’autres locaux, on est restés en deux roues motrices. On se bat depuis des années à coup de dixièmes, c’est vraiment top. On se voit le reste de l’année et on se charrie sur un groupe WhatsApp qu’on alimente.

 

Concernant le moteur, même si j’ai des études de mécanique moto, je préfère un moteur de voiture (rires). J’avais essayé un moteur de moto et c’est vrai que c’est hyper performant. Peut-être qu’un jour je reverrais mon opinion. Mais l’ensemble « Honda / boite séquentielle » me plaît. J’ai connu cette mécanique sur le BMC et je la retrouve sur ce Fouquet.

 

 

Autre sujet. Certaines autos ont bientôt 35-40 ans. Que penserais-tu si ces autos basculaient sur une catégorie « régularité » comme cela se fait en asphalte ?

 

Je ne sais pas si notre discipline est adaptée à la régularité par rapport au relief et à la météo. Dans tous les cas, il faut trouver une solution pour ne pas « jeter » ces voitures. Peut-être les limiter en puissance. Il est vrai que l’arrivée des 4rm à moteur de moto d’occasion, performants, est certainement une des raisons pour lesquelles il y a moins de « vieilles voitures » comme les Fouquet ancienne génération et les Phil’s car. Il faudra trouver une solution pour ne pas les sortir du plateau.

 

Quelles seront tes ambitions pour le Labourd ?

 

Je ne vais pas griller d’étape, j’ai peu roulé au volant. Je sais que la voiture est performante et que je peux aller vite. Mais ce sera un Labourd découverte : nouvelle voiture, nouveau copilote. Si dimanche après-midi on est dans le coup, on ira chercher un ou deux chronos. Mais je n’y vais pas pour ça.

 

Quel sera le programme ensuite ?

 

J’aimerais participer au Barétous, puis Orthez ou les Cimes selon le planning. Enfin, avec David Massonde (phils’car ex Nico et Mathias) nous aimerions aller découvrir le R7VA qui est une épreuve réputée.

 

Déjà très impliqué dans l’ASA Côte Basque, tu as intégré le bureau cette année en tant que Vice-Président. Qu’est-ce que cela représente pour toi ?

 

Suite au départ de personnes majeures dans l’association il fallait des gars impliqués, j’en faisais partie. J’ai quelques contacts avec les communes et les riverains. Cela faisait déjà 5-6 ans que j’étais bien impliqué et c’était la suite logique. Vice-Président, c’est un grand mot (rires) mais même si je ne suis pas très administratif, je peux aider sur le terrain auprès des mairies et des pistes.

 

Ce sont les 50 ans de l’association. Si tu devais citer un pilote voire deux ?

 

Pour l’origine de ma passion, j’ai une pensée pour Dominique Esteinou, mon parrain. Il a roulé en 2rm et était à l’ASA. Comme moi aujourd’hui. Ensuite, un pilote dont j’étais fan de la niaque et du coup de volant : Patrick Orhatégaray !

 


 

ENTRETIEN AVEC HENRI CASSIN

 


 

Henri CASSIN et Hervé HIRIGOYEN sur leur Rivet © Patrice Doucet

 

A l’occasion des 50 ans de l’ASA Côte Basque, nous nous intéressons aujourd’hui à Henri CASSIN (Président de l'Asa Côte Basque de 2011 à 2016 et Vice-Président de 2017 à 2024). Cette année, il laisse définitivement sa casquette d’organisateur pour prendre les commandes de son buggy Rivet. Entretien.

 

Henri, tu as pris la présidence de l’Asa Côte Basque en 2011 à seulement 23 ans. C’est peu commun pour une association sportive automobile. Comment en es-tu arrivé là ?

 

J’aimais le tout-terrain et le 4x4. Mes parents m’avait offert la licence pour être commissaire à l’Asa côte basque. J’ai vite sympathisé et adhéré au club en m’impliquant dans la vie de l’association. En 2010, l’équipe en place arrivait au bout d’une aventure pour diverses raisons. Ainsi, j’ai pris la présidence avec une équipe soudée autour de Fabien Ducasse (Président actuel), Mozart (Jean-Pierre Saint-Martin) et Philippe Duboy. le tout impulsé par Guy Housset qui avait vu le potentiel de chacun dans cette nouvelle organisation. 

 

Était-ce de l’insouciance ?

 

Je dirais de l’insouciance et de la responsabilité. D’abord de l’insouciance car aujourd’hui je ne sais pas si je serais capable de le refaire, mais surtout de la motivation et de l’envie de faire quelque chose. Je voyais le travail à faire et cela a renforcé ma motivation. C’était une période charnière dans ma vie avec la fin des études et la vie active qui démarrait. C’était forcément insouciant. Mais, je n’étais pas seul non plus. Nous étions soudés avec Mozart, Fabien et Philippe, mais aussi Jean-Michel Ollivon et Chip (Serge Curutchet). 

 

La Présidence implique de nombreuses compétences (administratives, terrain, gestion des hommes et des femmes). Était-ce difficile avec si peu d’expérience ?

 

La plus grande contrainte était la partie administrative, mais aussi environnementale et sécuritaire. Il y a des personnes impliquées qui avaient des contacts dans les différentes municipalités ou partenaires. Cela soulage et facilite les choses pour l’exécutif de l’association. 

La partie gestion des hommes n’a pas été difficile, je dirais que c’était un apprentissage. Gérer de l’associatif est particulier. Les bénévoles sont différents (tous profils, tous horizons, tous caractères), mais chacun est là de son plein gré et a envie d’aider. Il faut capter leur motivation et l’utiliser selon leurs compétences. 

 

Depuis 2011, as-tu vu une évolution dans l’organisation du rallye ?

 

Partant d’une page blanche au niveau méthodologie, nous avons mis en place de la planification, des outils, des fichiers et des listes pour organiser notre travail. Fabien a ensuite su reprendre ces outils et les améliorer. Aussi, le rallye a évolué sur le plan sécuritaire, et ce sont de bonnes évolutions. Nous avons été sensibilisés sur le balisage des zones publiques et leurs accès. C’est contraignant mais on dort plus tranquille. Par ailleurs, nous avons démocratisé le côté « partenariat » avec le convoi VIP notamment et l’implication de nombreux bénévoles. On a aussi travaillé sur la réactivité avec des référents « terrain » qui comprennent très vite pour faire rouler le rallye au mieux. Enfin, concernant le public, il y a quinze ans le rallye captait une population de passionnés tandis qu’aujourd’hui il attire à la fois des passionnées mais également un public plus large, moins averti. C’est également dû à l’évolution des réseaux sociaux. Cela peut mettre un pied à l’étrier à d’autres personnes. 


Depuis 15 ans, as-tu vu une évolution dans la relation aux autres organisations ?

 

Je dirais que l’Agora TT a apporté de la structuration. Cela a eu pour point bénéfique de créer des relations entre les organisations, ce qu’il y avait peu auparavant. Cela a cassé une forme de concurrence (comme cela peut exister entre deux comités des fêtes). L’Agora avait permis l’harmonisation du prix de l’engagement. Cependant, il reste des sujets à traiter en profondeur comme notamment les remises des prix, le coût de l’assurance, les dossiers environnementaux, la promotion de la discipline, et l'harmonisation (voir la refonte) du calendrier du championnat. 

 

Quel message aimerais-tu délivrer pour ces 50 ans ?

 

Tout d’abord, j’aimerais remercier les gens qui m’ont soutenu et entouré lors de ma présidence. J’ai toujours eu à cœur d’avoir un esprit d’équipe et de fédérer. Aujourd’hui, je souhaite encourager la nouvelle équipe dans le travail qu’ils ont su faire perdurer et j’espère que cela va continuer encore longtemps. J’aimerais mettre à l’honneur Fabien et Bettina pour leurs actions et leur engagement. 

 

Changeons de casquette, parle-nous du concurrent ?

 

Mon premier rallye en copilote était avec Mathieu Hirigoyen au rallye de Bussunartiz. C’était également son premier rallye. Sous la pluie ! La 2nde expérience était aux Cimes 2011 avec Guy Housset. Nous étions 1er samedi soir avant d’abandonner le dimanche matin.

 

Après les reines du rallye, tu as (enfin) pris les reines d’une voiture...
 
En 2018, j’ai acheté un Fouquet PRV (ex Caroline Paparamborde) avec Hervé Hirigoyen. Nous nous partagions la voiture. J’ai ainsi roulé au Gers et à Royan (avec Fabien à côté). Par la suite, en 2021, j’ai eu l’occasion de rouler au volant sur une Baja en Espagne avec une auto de rallye raid à Guy Housset. C’était une superbe aventure que nous avions partagé avec les frères Larroquet qui roulaient également sur leur buggy MMP. Une superbe expérience !
Ensuite, Patrick Deverchere m’a permis de participer à mon premier Labourd au volant en me confiant son Fouquet en 2022. On s’est lié d’amitiés depuis. C’est quelqu’un de droit. Ça a été une magnifique aventure également.

 

Tu as acquis une nouvelle monture depuis...

 

En octobre 2022, avec Hervé (Hirigoyen), nous avons acheté le Rivet (ex : Urell, Sempe, Latchere, Brulon, Hébert) avec lequel j’ai roulé à Orthez 2023. Cela reste une ancienne génération (année 2004) mais les épures de suspension sont bien dimensionnées, et le montage est très bien fait. Le Rivet est équipé d’un Nissan central arrière, et d’une boite UN Sadev en H et de ponts Peugeot. 

 

Tu seras au départ du Labourd 2025 dans à peine huit jours.

 

En effet, je serai au départ au volant du Rivet. On roule peu mais on vit notre passion à notre rythme. Cela reste une passion et du loisir. 


Dernière question, s’agissant des 50 ans de l’ASA, si tu devais citer un pilote ? 

 

Ayant connu le rallye sur le tard, j’avais du respect pour tout le monde mais pas d’idole particulier. S’il fallait retenir une voiture, ce serait la Seat Leon de Garicoix. Cette voiture me faisait quelque chose. S’il fallait retenir une période, ce serait les années 2000. S’il fallait retenir un moment fort, ce serait l’abandon sous mes yeux de Guy Housset et Alain Zubieta en 2008 à Xipa alors qu’ils étaient en tête. La victoire était pour l’année suivante en 2009.

 


 

ENTRETIEN AVEC REGIS DEMAY

 


 

Régis Demay à Ziburuko Labourd 2024 © Patrice Doucet

 

Pilote et organisateur, le local d'Arbonne sera au départ du Labourd 2025 sur son Cazé Kawazaki. Entretien.

 

Régis, peux-tu revenir sur tes débuts en tout-terrain ?

 

Avec mon frère Jean-Jo, notre premier achat a été la 205 Béola/Endarra (ex Denis Artola). Mais à l’époque nous construisions tous les deux et n’avions pas eu le temps de la monter. Puis, lorsque nous avons eu l’occasion d’acquérir un buggy Rivet 206 PRV construit en même temps que Jean-Pierre Goñi, nous avons sauté dessus ! La voiture venait de faire 5-6 saisons en endurance. Ensuite, nous avons acheté chacun un SSV. Cette catégorie était nouvelle, moins onéreuse et facile en entretien. Il n’y a pas de modification à faire par un usineur par exemple.

 

Tu t’es ensuite lancé dans un nouveau challenge avec le montage de ton buggy Cazé actuel ?

 

En effet, lorsque Micka Cazé a sorti le buggy 4rm Kawazaki 1440 cv ZZR, cela nous a « donné envie » (à moi et à pas mal de monde je pense) car l’auto est très plaisante ! J’ai acheté le châssis, les supports et la carrosserie en 2021. Le châssis a été construit en même temps que Cyril Omnes et l’ancienne de Brulon. Ensuite, les choix techniques ont été faits par rapport aux personnes qui entouraient Micka (transmission Brulon et P2S suspensions qui connaissait bien la voiture). Après deux ans de montage et de financement, l’auto a été inauguré au Labourd 2023. A ce titre, je remercie ma famille, ainsi que les Larroquet et bien d’autres qui m’ont aidés. On ne peut pas faire une voiture seul. Et ils m’aident encore. Merci à eux.

 

Cazé compétiton a cessé son activité (ou plutôt cédé ?), qu’est-ce que cela change pour un client Cazé comme toi ?

 

Je dirais que Cazé compétition s’est rapproché de chez nous. Micka nous renvoie vers Régis BIDONDO à Mauléon à seulement 1h30 de route (de la côte basque). Ce dernier dispose des éléments de carrosserie et des marbres si besoin d’un demi-train (bras arrière ou triangle avant). Micka reste également accessible pour le milieu du tout terrain et je l’en remercie.

 

Comment s’est passé le rallye d’Arzacq il y a 3 semaines et comment abordes-tu le Labourd et la suite de la saison ?

 

Malheureusement, en allant au départ de l’ES1, j’ai eu un problème de transmission. Nous sommes repartis en super rallye le dimanche. Mais après la première boucle du matin, une durite d’embrayage s’est percée. On a préservé la mécanique pour le Labourd. Le « chef Larroquet » est passé par là donc tout va bien maintenant (rires). Actuellement, il ne manque plus qu’une bonne révision, vidanger le moteur, et quelques ajustements dans l’habitacle, et nous serons prêts pour le Labourd dans 15 jours. Par la suite, j’aimerais prendre le départ du Barétous. Je m’y suis inscrit deux fois et je n’ai jamais pu prendre le départ en raison de soucis en liaison vers l’ES1. Ensuite, après échanges avec Sébastien Colomé, organisateur du Gers, je suis motivé pour m’y rendre. L’équipe du Gers devrait faire un programme sympa. Enfin, peut-être Orthez et les Cimes selon le budget et le temps.

 

Tu as intégré le comité d’organisation du rallye. Qu’est-ce que cela représente pour toi ?

 

Cela fait plus de 10 ans qu’on filait un coup de main régulièrement et que nous étions présents aux réunions et à l’organisation en général. Après des départs, on a voulu montrer à Fabien qu’on était motivés et qu’il ne fallait pas lâcher. C’est une bonne équipe de copains. Ma compagne (Roxane) a également intégré le comité. Nous sommes tous les deux passionnés et avions prévus d’y entrer individuellement avant d’être ensemble (rires). Nous avons travaillé sur les roodboaks. On a fait la prise de notes ensemble, et ensuite elle a tout mis au propre sur Excel. Assistante administrative indépendante (pour artisans, commerçants, particuliers), elle aime l’informatique et a pu apporter son savoir faire au bureau.

 

L’Asa Côte Basque fête ses 50 ans cette année. Si tu devais citer un pilote qui est à l’origine de ta passion ?

 

Ha c’est Jean-Pierre GONI ! Quand on était mômes au bord des spéciales, on attendait tous de voir le phils’car blanc ! Cela fait d’ailleurs plaisir de revoir cette auto chez nous aux mains de Lilan Touzot.

 

 


 

ENTRETIEN AVEC STEPHAN BARTHE

 


 

Barthe/Fauconnet avec le n°1 © Patrice Doucet

 

Vainqueur à Arzacq pour l’ouverture de la saison il y a 15 jours, le champion de France 2024 revient sur son actualité. Entretien.

 

Stephan, félicitations pour ton titre de champion de France 2024 à seulement 23 ans. Peux-tu revenir sur cet apprentissage ?

 

J’ai commencé en 2020 sur un Fouquet 2,5 L. C’était une année marquée par le Covid. Seulement trois rallyes ont été disputés. J’ai débuté à Arzacq avant la grande pause jusqu’aux Cimes. Sur ce rallye, j’ai terminé 2e pour mon 2nd rallye au volant. J’en étais moi-même surpris. Ensuite, à Dunes et Marais je suis redescendu d’un cran avec une 5e place. Il fallait tout apprendre et notamment les freinages. Fin 2021, mon père m’a confié les clés de son Fouquet (Nissan 3,6 L) et a arrêté de rouler pour me permettre de le faire à fond. J’ai ainsi pu continuer mon apprentissage avec une victoire à Orthez en 2022 et une place de vice-champion en fin de saison. 

 

Vice-champion en 2022, très rapide en 2023, qu’est-ce qui t’a permis d’aller chercher ce titre en 2024 après une belle bagarre avec Thomas LEFRANCOIS et Vincent POINCELET ? 

 

En 2023 nous avions la vitesse mais pas encore la fiabilité. Nous avons réussi à tout aligner en 2024 et c’est ce qui nous a amené à ce succès. Concernant la bataille pour le titre, je pense que la clé est d’être régulier tout au long d’une saison. Onze rallyes c’est très long. Nous étions 3 pilotes en lutte pour le titre et nous avons tous eu des temps forts et des temps faibles. La fin de championnat était serrée et notre succession de victoires en fin de saison nous a permis de remporter la couronne (Dunes et Marais, R7VA et Plaines et Vallées). 

 

Bravo pour ta victoire à Arzacq pour l’ouverture de la saison. Et merci pour le partage de ta caméra embarquée sur les réseaux de la FFSA. Comment as-tu construit cette victoire ?

 

Le samedi se prêtait à une petite cylindrée et j’espérais faire la différence le dimanche. J’ai aussi mis du temps à me mettre dedans du fait de ne pas avoir roulé depuis 3 mois. La mise en route est plus longue que lorsqu’on roule toutes les 3 semaines. 

 

Quels seront tes objectifs pour le Labourd, rallye que tu as remporté l’an dernier ? Et aimerais-tu faire un doublé pour le titre (comme Patrick Poincelet en 2002-2003, V. Foucart en 2004-2005 et José Castan en 2007-2008) ? 

 

L’objectif est de s’amuser sans pression. Comme évoqué, en fin de saison dernière il fallait finir les rallyes et être bien classé donc il y avait de la pression. Là le but c’est de rouler avec moins de pression et d’essayer de gagner. Rien n’est acté pour notre participation au championnat. J’aimerais plutôt continuer à gagner des courses. Par la suite, j’aimerais découvrir d’autres disciplines, voitures et sensations. 

 

Pour finir cet entretien, si tu devais avoir une autre auto, une autre motorisation, une autre classe, quel choix ferais-tu ? 

 

C’est déjà la voiture dont je rêvais. De plus, c’est une voiture assez « simple » et nous avons déjà eu du mal à la fiabiliser donc je n’aimerais pas en avoir une autre. Je profite de cet entretien pour remercier toute l’équipe qui nous suit (parents, famille, amis, copilotes, assistance) et mes partenaires. Je remercie également l’Asa Côte Basque pour le trophée en pierre qui m’a été remis, ainsi que pour l’affiche du Labourd 2025.