Interviews de pilotes

HERVE SERVIERE CELEBRE LES 20 ANS DE SA VICTOIRE AU LABOURD

Hervé sur son Fouquet victoire Labourd 2001 © inconnu

 

Le pilote, basé entre la Loire et le Rhône, a marqué la fin des années 1990 et le début des années 2000. Retour sur son parcours et sa victoire au Labourd 2001, mais aussi sur la "reprise" du championnat en 2021 et sa vision de la discipline.

 

« De mon premier rallye en 1984 à mes 62 ans aujourd’hui, ma vie a été bercée par le rallye. J’y ai consacré mon premier salaire et y consacrerai le dernier. Je retarde d’ailleurs mon dernier salaire afin de pouvoir rouler le plus longtemps possible. A la fin des années 1970, la rencontre avec Pierre BONNENFANT et Claude PELIN a été déterminante. Après m’avoir fait essayer un LM, Claude m’a fait descendre au Rallye des Cimes en 1982/1983. Dès cette époque, les lobbies écolos ont eu raison des épreuves tout terrain dans notre région, il a fallu s’exporter.

 

Par la suite, j’ai fait les Cimes deux ou trois fois avec un 2rm, boite Pelin, châssis tubulaire Izar, train de Combi, moteur Golf. En 1992, j’ai eu l’occasion de rouler avec le premier Fouquet en 2 rm, puis sur un Fouquet 4 rm (ex Joël PASCUAL d’Oloron ; ex Jojo IRIBAREN). Ces années ont été marquées par de belles courses au Rallye du Bugey en 1995, 1996 et 1997. »

 

Les victoires aux Cimes 2000 et Labourd 2001

 

« Dans la fin des années 1990, j’ai fait l’acquisition du Fouquet de Daniel FAVY. Le pilote auvergnat a remporté le championnat 1998 avec cette auto puis s’est tourné vers le Rivet Clio. Ce Fouquet doté d’un PRV (prépa Vinegra) avait la particularité d’avoir la première boite 6 vitesses (en U-N).

 

A l’image d’un Louis DRONDE ces dernières années, tu ne sais pas pourquoi, tu connais une « osmose totale » une fois dans ta carrière. Tu sais comment réagit l’auto. Sans me comparer à lui, je pense avoir connu cette sensation avec le Fouquet dans les années 1999-2000-2001 où tu fais ce que tu veux de l’auto, et que tu sais que tu peux tout te permettre (ou presque).

 

Après la victoire aux Cimes 2000, un tonneau à Royan, un bon Plaines et Vallées, et une 2ème place à Arzacq 2001, je suis arrivé en confiance au Labourd 2001. Je me souviens que l’on dormait chez Denis ARTOLA à Acotz. On s’est battu avec Daniel FAVY et Bernard GARAT qui sortait la 306 toute neuve. Le samedi on s’élançait en premier. Une position pas évidente pour mon jeune copilote de l’époque qui avait pointé une minute en avance. Cela coûtait à l’époque 20 secondes de pénalité. Nous étions 2ème au départ de la dernière spéciale qui parcourait une partie de XIPA et se terminait avec un tour de KANTIA. Nous gagnons le rallye avec 3 secondes d’avance.

 

Après une 3eme place à Jean-de-la-Fontaine, je roulais à ma main et la saison s’est terminée par une belle 2eme place au championnat derrière les sœurs SIMMONITE.

 

Rappelons que cette victoire au Labourd 2001 est la dernière victoire d’une auto à moteur porte à faux. On peut dire que ce Labourd 2001 a été le point final d’une génération. Dans cette période Fouquet, Claude PELIN a été un ami, un mentor, un sponsor. Il m’a énormément aidé matériellement et sur tant de plans. Je n’aurai jamais eu ce parcours sans lui.

 

Par la suite, j’ai roulé avec l’ancien Fouquet de Patrick POINCELET (PRV 3.5 L). Le souvenir le plus marquant avec cette auto est la 2eme place aux Cimes, mais ayant cassé une rotule dans la dernière montée, je n’ai jamais pu descendre à Tardets. »

 

L’époque des « grosses » autos.

 

« J’ai vendu ce châssis à Damien BRULON, et remonté la mécanique sur un châssis CAZE. Ce CAZE Clio a évolué au fil des années, jusqu’à être équipée d’un Nissan 3.5L prépa Foucart et une boite séquentielle SADEV 6 vitesses. Michaël CAZE m’a donné la chance d’avoir une grosse auto. J’ai apporté les pièces et on peut dire qu’il m’a « offert » la main d’œuvre. C’est une personne tout aussi importante dans mon parcours. Sans lui, je n’aurai jamais touché à la grosse catégorie à gros moteur et boite séquentielle.

 

Ces dernières années, le programme se consacre au Labourd, au Barétous et aux Cimes. Ma femme m’a fait le cadeau de faire un rallye avec moi avant que je ne raccroche. Sébastien PINQUE a eu la gentillesse de lui laisser le baquet finalement pour 3 saisons. Aussi, notre fils Pierre a prix le volant de la Clio à Royan 2017 avec Sébastien. Ils sont rentrés dans le top 20. »

 

Sa vision sur la reprise du championnat à venir

 

« En 2019, afin de permettre à Pierre de rouler et d’avoir une auto moins coûteuse en entretien, nous avons échangé le Cazé Clio avec le Cazé Tomahawk Evo de Julien ERMANO. Pierre a eu l’occasion de rouler avec Marine ESTELLAT aux Cimes et à Royan. Pour ma part, le dernier rallye était donc les Cimes 2020. Il se termine avec une 9eme place après une belle bataille pleine de sympathie et de respect avec Peyo HARGUINDEGUY, lui aussi sur 4 rm à moteur de moto.

 

Concernant la discipline, il ressort de ces dernières années que les SSV ont sauvé la discipline quand le plateau se faisait moins épais. Cependant, ces autos doivent rentrer dans le cadre sinon ce sera la fin de la discipline telle qu’on la connait. Une même contrainte technique et une mixité dans le parc permettrait d’avoir une seule et même famille, et à nouveau une bonne ambiance.

 

Concernant la reprise du championnat, Pierre ayant acheté un petit 2 rm, j’aurais l’occasion de jouer encore un peu avec les nombreux nouveaux Cazé à moteur de moto. Je suis donc impatient du prochain départ. S’il faut prendre une licence seulement pour les Cimes, je le ferai clairement.

 

Du Bugey au Pays Basque, en passant par la beauté sans nom du Cantal dont je reste nostalgique, cette discipline et cette grande famille ont marqué ma vie depuis près de 40 ans. Sans cette passion, je me serais contenté de moins dans la vie. Cela m’a obligé à me donner les moyens professionnellement et humainement. Aujourd’hui, j’ai hâte de retrouver le parc fermé et sans huis clos car l’esprit du rallye, comme celui de la vie, c’est avant tout du partage ».

 

Rendez-vous ce week-end (12-13 juin 2021) au Rallye du Barétous pour le début du Championnat 2021. La famille SERVIERE sera représentée par Pierre, le fils, qui baptisera son phil's car, copiloté par Sébastien PINQUE.

 

Entretien réalisé en avril 2021 dans le cadre du Rallye du Labourd 2021 finalement annulé.

 


Un dimanche pascal sous le signe du Labourd !

Peyo, Nicolas et Henri

 

Après quelques mois de pause, Nicolas Etcheverry, Henri Cassin et Peyo Harguindeguy s’apprêtaient à concrétiser leur projet sur les pistes du Labourd 2021.

 

Un nouveau challenge

 

L’année 2020 a permis à certains pilotes de démarrer une nouvelle aventure, c’est le cas de Nicolas Etcheverry : « Suite à la vente du Phil’s car après le Barétous en mai 2017, une réflexion s’est portée sur un Fouquet neuf 2 rms à moteur de moto. L’auto a vu le jour en endurance en 4rm, mais n’en ayant pas encore fini avec le 2rms, j’ai finalement acquis, en mai 2020, le Fouquet 2rm ex Peyo Harguindeguy (ex Cazalet). Il s’agit d’une voiture reconnue dont l’achat a été guidée par le souhait d’avoir une auto fiable et avec du potentiel ce qui me permet de continuer avec une auto 2rm toujours plus performante au fil des années ».

 

Henri Cassin, Vice-Président de l’Asa Côte Basque (et Président de 2009 à 2018) s’est aussi fixé un objectif, participer à son premier Rallye du Labourd. « Avec Hervé Hirigoyen, nous avions acheté l’ancien Fouquet ex Paparamborde et participé à deux courses chacun avant de la revendre. Ainsi, j’ai découvert les joies du volant (Gers et Royan 2018), mais aussi une nouvelle passion pour la mécanique. Il se trouve que Patrick DEVERCHERE avait une auto au fond du garage (Fouquet ex grand-père Costes et Lonne Peyret). Nous avons donc convenu qu’en échange de travailler sur l’auto je roulerai avec au Labourd 2020. La partie était remise pour 2021 ».

 

Quant à Peyo Harguindeguy , son année 2020 a été rythmée par de beaux résultats, une 2nde place en 2rm au rallye d’Arzacq avec le Fouquet (ex Cazalet), et un top 10 aux Cimes avec le BMC 4rm (ex Bouchet) : « Débutant en 4rm et après un bon travail avec M. Beyris, je suis arrivé aux Cimes prudemment. L’auto fiabilisée et facile à prendre en main m’a permis de monter le rythme crescendo ». Une période aussi marquée par le changement : « Sans que ces autos soient en vente, des acheteurs, qui sauront entretenir et mener les autos, se sont manifestés. Ensuite, bien que pas pressé en raison de l’incertitude du calendrier, j’ai acheté le Cledze de Nicolas Martin. »

 

Des pilotes tournés vers l’avenir

 

Par le passé, Peyo a déjà roulé sur le premier Cledze conçu par Yann Clevenot : « En effet, cet achat s’explique par diverses raisons. C’est une conduite qui me plait mais aussi une super entente avec Yann qui fait un super travail (suivi, entretien, disponibilité). Ce Cledze « dernière génération » de 2018 dispose des derniers Ohlins et d’un arbre Pelin (qui diffère de celui de la boite de moto d’origine) pour plus de fiabilité. »

 

Nicolas, très minutieux, prend le temps de revenir à la compétition : « Bien qu’ayant la voiture depuis mai 2020, j’ai préféré réviser l’auto, changer les pièces d’usure (notamment transmission) et travaillé sur la direction. C’est important de faire des choses dans l’ordre pour commencer dans de bonnes conditions. Aujourd’hui, il est difficile de se projeter mais je prendrai la licence si la saison démarre en juin, et selon les conditions et l’état en esprit, pourquoi ne pas la prendre même si la saison démarre en octobre pour Royan ».  Même réflexion pour Peyo : « venant de la moto, on pouvait prendre une licence à la journée. C’est une opportunité à réfléchir ».

 

De son côté, Henri n’a rien définit pour l’avenir : « Je ne sais pas du tout, pourquoi pas le Gers ou Orthez. Mais j’ai conscience que cela implique également que le copilote prenne sa licence. Pour la suite rien n’est défini. Le Labourd reste le projet principal ». Ce serait une juste récompense pour lui qui a tant donné pour que chacun roule en prenant la présidence du rallye à seulement 23 ans.

 

En ce dimanche de Pâques, nul doute que chaque passionné aura eu une petite pensée pour le Labourd. L’Asa Côte Basque vous y donne rendez-vous l’année prochaine sous le soleil.